ECRITS DIVERS

Le profil Facebook de Denise Morel-Ferla

<<Le savez-vous?

Un livre peut être écrit par un seul auteur, VOUS-MEME, ou s'écrire comme une symphonie ou un concerto à plusieurs voix. Ainsi, lorsqu'on souhaite relater la vie de quelqu'un d'autre (personne vivante ou décédée), on peut solliciter la participation de plusieurs proches (famille, amis, collègues, voisins) et écrire le livre sous forme de fragments.>>

Là encore, le "nègre-biographe" est là pour aider chacun, rassembler, organiser les différentes voix.

Comme un projecteur braqué sur une tranche de vie qui a compté, la transcription de vos souvenirs s'inscrit dans l'HISTOIRE d'une époque.

 

Vous avez tant et tant à dire... 

Vous avez des souvenirs diffus et d’autres beaucoup plus précis. Les obstacles ne manquent pas : manque de temps,  blocages, technique insuffisante, obligations familiales, peur de ne pas réussir à accoucher d’un texte fidèle à ce qu’était D. Tout cela vous a fait renoncer.

Pourtant vous gardez au fond de vous ce désir. Votre projet vous tient toujours à cœur, il reste d’actualité et l’envie de vous servir des mots pour donner corps à D. ne vous a pas quittés.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’oubli et à  l’érosion du temps.

Écrire pour parler à D. Écrire pour réveiller les souvenirs qu’il nous a laissés, en partant si jeune.

Écrire pour transmettre quelques fragments de vie à ses enfants et petits-enfants. Écrire pour chercher les mots susceptibles de rejoindre D. en sa vérité, par-delà la vie et la mort, le rejoindre si possible en sa part la plus discrète.

 

 

Un coucher de soleil...

C'est quand rien ne semble plus rien nous dire

Quand l'obscur semble plus obscur encore

C'est alors que nous sommes sur la voie de comprendre

Sur ce chemin où notre regard s'évase, s'élargit, s'affine

Et... perce les ténèbres de la raison

Un coucher de soleil à Marseille...

L'être aimé nous quitte sur la pointe des pieds 

Ne fait pas de bruit

Nous guide sur le plus inconnu des chemins.

* * *

 

EXTRAIT de Une Mère de papier

D'une mère, on garde plusieurs images, plusieurs voix aussi.
Celle qui fait sens, cette image dont je suis fière, je la retrouvais lorsque j'allais chercher maman à son bureau. Je faisais en sorte d'avoir un quart d'heure d'avance sur l'heure de sortie, afin d'observer à mon aise cette femme sérieuse tapant la dernière lettre sur son clavier. Sa machine à écrire, une vieille frappe bien sympathique, me fut familière vers six ans, à Damrémont. Cette espèce aujourd'hui disparue se nommait Remington.
La dactylo retenait un juron devant son clavier à touches rondes, métalliques, quand elle devait débloquer la tige récalcitrante au bout de laquelle se trouvait la lettre qui était allée s'empaler dans la tige d'une autre lettre. Fausse manœuvre ou pas, il lui fallait plonger ses doigts pour séparer les barres rebelles, tandis que le patron trépignait pour que la lettre parte au courrier de dix-sept heures. Je découvrais que ma mère savait taper une lettre en trois exemplaires, en se noircissant les doigts pour inclure le papier carbone et fouinasser sous le rouleau. Je rêvais d'avoir moi aussi accès à cet imposant matériel d'écriture.
La secrétaire en blouse bleue, gansée de blanc, manches longues ou courtes selon la saison, pianote sur sa machine à écrire, un éphéméride mural à sa gauche, assise à trente centimètres d'une de ces grandes armoires métalliques à tiroirs d'où elle peut prendre un dossier sans même avoir à se déplacer. Devant elle, un comptoir, sorte de banque étroite, légèrement surélevée, où s'entassent livres de droit et de comptes, factures impayées retenues par un gros buvard de bureau à bascule en bois, contrats d'assurance vie, responsabilité civile, et tous risques, dossiers rassurants, contre toutes sortes de malheurs, les prévus et les imprévus.
  A gauche encore, sur le comptoir, un de ces imposants téléphones en bakélite noire, avec un cadran rond, métallique, à dix trous où se nichent lettres et chiffres ; quand la sonnerie retentit, elle ne peut passer inaperçue car le son strident de cette boite noire réveillerait un régiment ! Alors, d'un bond, la secrétaire se dresse, décroche le combiné de sa main gauche, cherche une feuille et un stylo de la droite, puis écoute les doléances et répond de son mieux. Parfois, le patron se trouve là, et traite la communication. Amélie suit des yeux, au cas où il aurait besoin d'un dossier.
J'ai suivi toutes les améliorations de la vieille frappe, puisque bientôt, il n'y eut plus de trous dans le papier, plus de confettis des pelures jaunes, roses ou bleues, car l'inventeur de la machine à écrire à boule avait cédé son brevet à I.B.M. C'était beaucoup plus tard, à Marseille, peu avant la retraite d'Amélie. Mais l'achat de ce matériel élevé honorait la fidèle secrétaire, fière de faire partie des quelques privilégiées qui y eurent droit. Véritable objet de culte, elle l'appelait «la Machine à écrire Direction». Avant de quitter le bureau, Amélie enfermait son précieux trésor sous une capote, comme une F1. Maman m'expliquait : on change la boule pour modifier la typographie, on pianote en douceur sur un clavier électronique aux commandes capables de gérer automatiquement la mise en page, ou d'insérer les formules d'usage, c'est incroyable, Léa !

 

 

Bureau de cette Mère de papier, Bône, année 1958
Livre-Mémoire, Livre-hommage, livre autour de l'écriture transmise par une mère qui aurait voulu être écrivain...

- Ma sœur me recommande d’installer le logiciel "Amour". Pourriez-vous m'indiquer la procédure, s'il vous plaît ?

- Ouvrir votre cœur est la première étape pour l'installation. Avez-vous localisé votre cœur, Madame ?

- Oui, je l'ai trouvé. Mais il y a d'autres programmes qui fonctionnent en même temps. Puis-je continuer l'installation tout de même ?

- Ah… Et quels autres programmes fonctionnent dans votre cœur ?

- Eh bien, je vois "Blessures-du-passé.Exe", "Mauvaise-estime-de-soi.Exe", "Rancune.doc" et "Colère.com.".

- Pas de problème, Madame. L'installation du logiciel "Amour" effacera graduellement les "Blessures du passé" de votre système. De plus, durant l'installation, le programme "Amour"
remplacera votre "Mauvaise estime de soi" par son propre programme intégré, "Meilleure estime de soi". Par contre, vous devez absolument fermer vos fichiers "Rancune" et "Colère", car ceux-ci pourraient empêcher votre programme "Amour" de fonctionner correctement.

- D'accord, mais pourriez-vous m'indiquer comment les fermer?

- Allez dans votre menu principal et trouvez le programme "Pardonner". Démarrez-le et faites-lui nettoyer votre système au complet. Vérifiez qu’il enlève complètement "Rancune" et  "Colère". C’est très important.

- Voilà, c'est fait. Oh ! ! L'installation du programme "Amour" a démarré !

- Oui, il est programmé pour s'installer aussitôt que "Rancune" et "Colère" ont été supprimées de votre système. Vous devriez recevoir un message vous demandant si vous voulez installer ... "Amour pour la vie" dans votre système. Est-ce que vous l'avez reçu ?

- Oui, je l'ai reçu. Et j'ai répondu oui. Est-il bien installé, maintenant ?

- Oui, mais souvenez-vous que votre programme "Amour" est une version partagée. Vous devriez vous connecter à d'autres cœurs pour des mises à jour essentielles à son bon fonctionnement.

- Oups, je viens de recevoir un message d'erreur, déjà !

- Que dit ce message, Madame ?

- Le message dit "ERROR 142. PROGRAM NOT RUNNING ON INTERNAL COMPONENTS". Qu'est-ce que ça veut dire ?

- C'est un problème commun qu'on voit souvent lors de la première installation.

- Que dois-je faire, alors ?

- Regardez dans votre menu principal. Vous devriez voir les cases "S'accepter soi-même". Je vous conseille, si cela n'est pas déjà fait, de cocher aussi les cases "Se pardonner soi-même", et "Connaître ses propres limites". D'ailleurs, vous devriez supprimer l’option "Se renfermer sur soi-même".

- Tiens, il y a de nouveaux fichiers qui viennent d'apparaître dans mon cœur... Il y a le fichier "Sourire.JPG" qui vient de s'ouvrir, puis le fichier
"Bonheur.mpg" qui se met à jouer et le programme "Paix-intérieure.exe" qui vient de démarrer. Est-ce bien normal ces nouvelles couleurs et ces nouveaux sons ?

- Oui, Madame, tout à fait normal, Et il y en a beaucoup plus. Vous les découvrirez tout au long de vos futures mises à jour. Une dernière chose avant de terminer...

- Oui?

- N'oubliez pas que ce programme est gratuit. En tant que logiciel partagé, il vous serait profitable de le partager avec les autres qui  pourraient en avoir besoin. N'oubliez pas que, plus vous partagerez avec d'autres cœurs, plus votre programme se développera.

Cette charmante histoire de logiciel nous vient de nos cousins québecois et se trouve sur le site "Chez Maya.com".